dkot
← Tous les articles
Décryptage

-10, -20 ou -30 % : quel pourcentage de remise choisir selon votre marge

Comment fixer le bon pourcentage de remise selon votre marge brute et votre métier : le calcul, les volumes à rattraper, les seuils et les erreurs à éviter.

-10, -20 ou -30 % : quel pourcentage de remise choisir selon votre marge

Le bon pourcentage de décote se calcule, il ne se devine pas. La règle de base est simple : plus votre marge brute est faible, plus une remise coûte cher en volume à rattraper. Avec 50 % de marge, une remise de 20 % vous oblige à vendre 67 % de plus pour gagner la même chose ; avec 70 % de marge, il suffit de vendre 40 % de plus. C'est ce rapport, et non votre intuition du moment, qui doit fixer le chiffre affiché en vitrine.

Comment calculer le bon pourcentage de remise ?

Une seule formule suffit : volume supplémentaire nécessaire = remise ÷ (marge brute − remise). Prenez une boutique de prêt-à-porter à 55 % de marge brute qui annonce -20 % : 20 ÷ (55 − 20) = 0,57, soit 57 % de ventes en plus pour conserver la même marge en euros. Si vous ne croyez pas pouvoir faire +57 % sur le créneau visé, la remise est trop forte.

Cette formule donne le seuil de neutralité, pas l'objectif. Une décote qui n'atteint pas ce seuil n'est pas forcément une erreur : elle peut servir à écouler un stock immobilisé, à faire entrer un client qui ne vous connaissait pas, ou à remplir un créneau qui, sans elle, n'aurait rien produit du tout. Ce qui est fautif, c'est de décoter sans avoir jamais posé le calcul.

Quel pourcentage de remise selon votre marge brute ?

Voici les volumes à rattraper pour maintenir votre marge en euros, selon votre marge brute de départ :

  • Marge de 30 % (revente alimentaire, épicerie généraliste) : -10 % exige +50 % de ventes, -20 % exige +200 %, et -30 % efface toute votre marge. Plafond raisonnable : -10 à -15 %.
  • Marge de 40 % : -10 % exige +33 %, -20 % exige +100 %, -30 % exige +300 %. Plafond raisonnable : -15 %.
  • Marge de 50 % : -10 % exige +25 %, -20 % exige +67 %, -30 % exige +150 %. Plafond raisonnable : -20 %.
  • Marge de 60 % : -10 % exige +20 %, -20 % exige +50 %, -30 % exige +100 %. Zone confortable pour -20 %.
  • Marge de 70 % (services, boissons, prestations) : -20 % exige +40 %, -30 % exige +75 %. Le -30 % devient tenable.

Faut-il raisonner en marge globale ou en marge d'heure creuse ?

Sur un créneau vide, le calcul change de nature : votre loyer, votre électricité et le salaire de la personne en boutique sont déjà payés, que le client entre ou non. Le seul coût réel d'une vente supplémentaire à 14 h un mardi, c'est le coût de la marchandise ou du temps consommé. Tout ce qui dépasse ce coût variable est du gain net.

C'est pourquoi une décote de -30 % sur un mardi matin de salon de coiffure peut être plus rentable qu'une remise de -10 % le samedi : le samedi, vous accordez une réduction sur une vente que vous auriez faite au prix plein. Une remise ne coûte jamais son pourcentage, elle coûte la marge que vous auriez encaissée sans elle. Sur un créneau mort, cette marge est de zéro.

Quelle décote appliquer métier par métier ?

Boulangerie, pâtisserie, primeur, fleuriste

Sur les produits périssables, le raisonnement en marge ne tient plus dans la dernière heure : un pain, une part de tarte ou un bouquet non vendus le soir valent zéro euro le lendemain. Une décote de -30 % à -50 % sur les 60 à 90 dernières minutes est économiquement supérieure à l'invendu, à condition de ne jamais l'appliquer à la même heure tous les jours, pour ne pas apprendre à vos habitués à attendre la fin de journée.

Restauration, café, salon de thé

Le coût matière d'un plat tourne couramment autour de 30 % du prix de vente en restauration, et il est encore plus bas sur les boissons. Une décote de -20 % sur un créneau creux, entre 14 h 30 et 17 h par exemple, reste donc confortable. Ciblez le créneau, jamais le service du soir complet, et évitez de décoter le plat qui part déjà tout seul.

Coiffure, barbier, esthétique, ongles

Dans les métiers où vous vendez du temps, un créneau non rempli est une perte définitive : il ne se stocke pas. Une décote de -20 % à -30 % sur les créneaux structurellement calmes (mardi et mercredi matin, début d'après-midi) se justifie pleinement, puisque la prestation ne consomme que quelques euros de produits. En revanche, aucune remise le samedi : vous financeriez une clientèle déjà acquise.

Prêt-à-porter, chaussures, accessoires

Avec un coefficient d'achat courant de 2 à 2,5, la marge brute se situe souvent entre 50 % et 60 % : -20 % est le bon curseur en pleine saison, sur une famille de produits précise plutôt que sur toute la boutique. Réservez le -30 % aux fins de série et aux tailles orphelines, et vérifiez le cadre réglementaire des annonces de réduction, qui doivent se référer au prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédents.

Épicerie fine, caviste, déco, librairie

Sur les activités de pure revente, les marges sont plus serrées et le -10 % est souvent la limite haute du raisonnable. Cas particulier à connaître : sur le livre neuf, la loi du 10 août 1981 sur le prix unique plafonne la remise à 5 %, ce qui interdit toute décote agressive en librairie. Mieux vaut alors jouer sur un produit d'appel identifié que sur une remise généralisée.

Services de proximité (pressing, cordonnerie, réparation)

La main-d'œuvre représente l'essentiel du prix, donc la marge sur un créneau creux est élevée. Une décote de -20 % sur les jours et heures où l'atelier tourne au ralenti permet de lisser la charge de travail sans toucher aux périodes de rush, où les délais sont déjà tendus.

Pourquoi -10 % ne déclenche presque jamais un achat ?

Un client ne perçoit pas un pourcentage, il perçoit une économie en euros. Une remise de 10 % sur un article à 15 € représente 1,50 € : ce montant ne fait pas changer de trottoir. Les mêmes 10 % sur un canapé à 900 € valent 90 € et suffisent largement à provoquer la visite. Le seuil de perception dépend donc du panier moyen, pas de votre secteur.

Règle pratique : en dessous de 5 € d'économie réelle, une décote reste invisible et il vaut mieux monter le pourcentage sur un créneau court que l'étaler sur la journée. Au-delà de 50 € d'économie, un -10 % ou -15 % fait déjà un excellent argument, et pousser à -30 % revient à brader une marge que le client ne vous demandait pas.

Quelles erreurs de remise coûtent le plus cher ?

  • La remise permanente : un panneau -20 % affiché en continu devient le nouveau prix de référence, et vos clients cessent d'acheter au tarif normal.
  • Le -50 % réflexe : sorti d'un stock à liquider ou d'un périssable en fin de journée, ce niveau détruit plus de marge qu'il n'apporte de trafic.
  • Décoter ses meilleures ventes aux heures pleines : vous payez une réduction sur des achats déjà décidés.
  • Une remise sans durée : sans échéance visible, il n'y a aucune raison de venir aujourd'hui plutôt que dans trois semaines.

Comment fixer la durée et le moment de la décote avec dkot ?

Sur dkot, une décote dure de 1 à 12 heures et s'affiche aux habitants géolocalisés autour de votre boutique. Vous choisissez le créneau creux, le pourcentage et la durée ; la décote s'active automatiquement quand le client entre dans le commerce, et il montre simplement son écran en caisse. La réduction est donc bornée dans le temps, ce qui évite l'effet « prix cassé permanent ».

Méthode conseillée pour un premier test : calculez votre marge brute, appliquez la formule du seuil, retenez le pourcentage juste en dessous de votre plafond raisonnable, et lancez-le sur une plage de 2 à 3 heures identifiée comme la plus creuse de votre semaine. Comparez ensuite le chiffre d'affaires de ce créneau avec celui des semaines précédentes : c'est le seul arbitre valable.

FAQ

Quelle est la remise minimale pour attirer un client ?

Elle dépend du panier moyen, pas du pourcentage. En dessous de 5 € d'économie réelle, une décote passe inaperçue : sur un article à 20 €, -10 % (2 €) ne déclenche rien, alors que -25 % (5 €) devient un argument. Sur un panier de plusieurs centaines d'euros, -10 % suffit largement.

Comment savoir si une remise a été rentable ?

Comparez le chiffre d'affaires et le nombre de tickets du créneau décoté avec ceux du même créneau les semaines précédentes, puis appliquez la formule du seuil : remise ÷ (marge brute − remise). Si la hausse de volume dépasse ce seuil, la marge en euros est préservée. Si le créneau était vide auparavant, tout encaissement au-dessus du coût matière est un gain.

Peut-on faire une remise en dehors des soldes ?

Oui, les promotions sont libres toute l'année en France, en dehors des périodes légales de soldes. Deux points de vigilance : toute annonce de réduction doit se référer au prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédents, et la revente à perte reste interdite hors soldes et liquidations. Le livre neuf, lui, est plafonné à 5 % de remise.

Faut-il décoter tout le magasin ou quelques produits ?

Quelques produits, presque toujours. Une décote ciblée sur une famille de références (fins de série, produits à rotation lente, prestation d'un créneau calme) protège votre marge globale et rend l'offre plus lisible. Une remise sur l'ensemble du magasin coûte cher et s'applique aussi aux articles qui se vendaient très bien au prix plein.

Combien de temps doit durer une décote ?

Le temps du créneau creux que vous cherchez à remplir, soit le plus souvent 2 à 4 heures. Une durée courte crée la raison de venir maintenant ; une remise qui traîne plusieurs jours devient un prix de référence. Sur dkot, la fenêtre va de 1 à 12 heures, ce qui couvre aussi bien une fin de journée en boulangerie qu'une matinée calme en salon.