Les heures creuses coûtent plus cher que les invendus
On parle beaucoup du gaspillage alimentaire. On parle rarement des heures où la boutique est ouverte, le personnel payé, et la caisse immobile.
Dans un commerce, il existe deux formes de perte. L'une se voit : les produits jetés en fin de journée. L'autre est invisible et coûte souvent davantage : les heures d'ouverture sans clients.
Le coût de l'heure vide
Un mardi de 14 h à 16 h, le loyer court, l'électricité aussi, et le personnel est payé. Si personne n'entre, ces charges sont engagées sans contrepartie. Contrairement à l'invendu, cette perte n'apparaît sur aucun inventaire — ce qui la rend facile à ignorer.
Or c'est précisément sur ces créneaux qu'une remise coûte le moins cher. Un fauteuil vide, une table libre, un vendeur disponible : leur valeur, sur l'heure écoulée, est nulle. La remise ne se prend pas sur la marge d'une vente qui aurait eu lieu, mais sur une vente qui n'existait pas.
Le cas particulier de l'alimentaire
Pour un boulanger ou un traiteur, les deux pertes se rejoignent en fin de journée : les produits non vendus seront jetés, et l'heure qui reste est creuse. Une décote sur ce créneau règle les deux problèmes d'un coup — et évite un gaspillage qui pèse, en France, plusieurs millions de tonnes par an.
Une décision qui se prend en quelques secondes
L'intérêt d'une remise sur créneau creux tient à sa réactivité. Elle se décide en regardant la boutique, pas en planifiant un mois à l'avance. Il est 15 h, il ne s'est rien passé depuis midi : c'est maintenant que la remise a du sens, pas la semaine prochaine.
Encore faut-il pouvoir la faire savoir dans la minute, aux gens qui sont à proximité. C'est tout l'enjeu.
